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  • Les perles de culture sont-elles vraiment des gemmes ?


    Les perles de culture sont-elles vraiment des gemmes ?

    Créatrice de bijoux de perles de culture depuis des années, j’ai remarqué que le terme de « gemme » posait souvent problème. On dit que telle pierre est une gemme, et que tel type de perle de culture n’en est pas une, on mélange vertus lithothérapeutiques et conceptions esthétiques, bref, on se laisse bien souvent avoir par la beauté des gemmes, mais sans parvenir à donner une signification précise à ce mot.

    Voyant cela, j’ai donc un instant posé mes outils afin de conclure enfin sur ce sempiternel débat « les perles de culture sont-elles des gemmes ? ».

    Gemmes : une définition équivoque

    Il faut dire que les divers dictionnaires ne nous font pas beaucoup avancer sur la définition d’une gemme.

    Par exemple, le dictionnaire en ligne du CNTRL propose de définir les gemmes comme étant « toute pierre précieuse », ou toute forme de cristal ayant l’aspect de pierrerie. En parallèle, Wikipédia nous enseigne qu’une gemme est une « pierre fine, précieuse ou ornementale », ou n’importe quelle matière très dure ou colorée ayant l’aspect de pierreries.

    Le fait est que le mot « gemme » est à peu près aussi subjectif que le mot « beauté », auquel il est bien sûr intimement lié.

    Or comment définir la beauté ? Voilà des millénaires que les philosophes s’arrachent la barbe sur cette question. Il en est de même si on essaie de définir « objet d’ornementation », ou « exhausteur de beauté », puisque c’est exactement ce que sont un bijou ou une perle de culture (ou tout du moins telle est la façon dont nous l’utilisons) : un accessoire de beauté.

    Donc pour résumer, une gemme est un accessoire de beauté (comme tout bijou), répondant à un caractère particulier de ressemblance avec certaines pierres. La gemme peut être minérale (et donc naturelle, comme les pierres ou les perles), ou synthétique. Mais surtout, elle doit avoir un caractère attrayant, inaltérable, et solide !

    Il ne faut pas confondre gemmes et pierres précieuses :

    Il est courant de confondre pierre précieuse et gemme, pourtant ces termes ne désignent pas exactement la même chose.

    En effet, une pierre précieuse est forcément une gemme, mais une gemme n’est pas forcément une pierre précieuse ! Par exemple, le diamant est évidemment une pierre précieuse ainsi qu’une gemme. Mais à l’inverse, les perles ne sont aucunement des pierres précieuses, mais des pierres organiques.

    Pour tout bien comprendre, il suffit de savoir qu’il existe trois grandes familles de gemmes :

    • Les pierres précieuses (diamant, rubis, saphir et émeraude) ;
    • Les pierres fines (ou pierres semi-précieuses, c’est-à-dire toutes les gemmes minérales à l’exception des quatre citées précédemment, telles que le grenat, le lapis-lazuli, etc.) ;
    • Et enfin les matières organiques, que sont les perles évidemment, mais aussi l’ambre, le corail ou le jais ;

     

    Les gemmes : entre magie et histoire

    La question n’est pas ici de traiter des qualités lithothérapeutiques des pierres. Certaines personnes y croient, d’autres non, et la lithothérapie comme toute médecine alternative a ses défenseurs comme ses détracteurs.

    Ce qui m’intéresse, en tant que créatrice de bijoux de perles bien sûr, mais aussi tout simplement en tant que passionnée de bijoux, c’est de considérer à quel point les pierres (précieuses ou non), sont liées de tout temps à l’histoire de la magie et de la beauté. L’histoire des bijoux et des pierres précieuses témoigne à mon avis de l’avancée de l’évolution humaine, au même titre que la poterie ou que l’écriture.

    Et c’est ainsi qu’on retrouve des traces de pierres d’ornementation, ou gemmes, dès l’ère néolithique, où on a découvert que le lapis-lazuli semblait très prisé pour les significations magiques ou sacrales qui lui étaient attribuées.

    On en retrouve par ailleurs la trace au Pakistan jusqu’à 7000 ans avant J.-C., puisqu’il a été découvert qu’on mêlait lapis-lazuli à des turquoises afin d’obtenir un bijou prisé pour ses vertus apotropaïques, pratique répandue durant plusieurs millénaires ensuite en Iran ou en Mésopotamie.

    Les perles de culture sont-elles des gemmes ?

    Les perles sont-elles des gemmes ? Ne tournons pas autour du pot plus longtemps : la réponse est oui. D’ailleurs elles correspondent bien à la définition avancée en début d’article de « pierreries d’ornementation » colorées et assez dures pour être travaillées, bien qu’il s’agisse là de matières organiques.

    De plus, la législation française vient confirmer cette approche depuis le décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002, qui décide de regrouper sous le terme de gemme « toute matière naturelle, minérale ou organique suffisamment belle et dure pour intéresser la bijouterie ».

    Or quel plaisir de travailler sur un nouveau bijou en alliant gemmes minérales et pierres précieuses ! C’est d’ailleurs le procédé que j’ai utilisé pour mon bracelet « Tendre rêve », un bijou original composé d’une perle d’Akoya, d’or et de saphirs.